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Une fière allure.
Rien à redire.
La liste des engagés du NTC sur
Beaulieu faisait peur.Les Ironmen vont fighter avec les Embrunmen."Si t'as
pas faim, dégage !" semblent dire en coeur les noms regroupés de ces
vampires à l'affût.
La bataille va être saignante et
les guerriers courageux, le néoprène sublimera les pectoraux gorgés de sangs à
52% d'hématocrite, les cadres carbonés se tordront sous la pression
irrésistible des quadriceps bodybuildés, le bitume n'en pourra plus de recevoir
les assauts de ces insatiables combattants !!
Aïe, aïe, aïe....
Ce sont mes dernières pensées
lorsque je m'endors la veille, seul, blotti sous la couette, à quelques heures
de ma crucifixion....réveil prévu à 6h00...
Lendemain matin 5h17.
Boum, BOUUUUMM !!!!
PROCUHHCHHHCUUUuuuuu !!!!!
Damned !! C'est le tonnerre qui me
réveille !!! L'orage bastonne tout ce qu'il peut, le ciel plafonne à 2 mètres ,
c'est le déluge !
Je le crois pas !! C'est pas vrai
!! Ca peut pas être vrai !! J'ai eu ma dose sur le tri de Nice en 94 et le bis
en 2001 !! Plus jamais ça !!
Les souvenirs de ces courses
infernales font taire subitement mes angoisses du jour.
Aujourd'hui c'est un CD et en plus
il ne fait même pas froid.
Bagatelle ! Hardi gaillard, gicle
du lit et va t'en affronter ce semblant de mauvais sort !
Sac à dos chargé, affaires et
chaussures protégés par des sacs poubelles, me voilà parti en vélo jusqu'à
Beaulieu juste pour montrer à la pluie que je l'aime bien.
Et apparemment, elle doit être
amoureuse de moi parce qu'elle me l'a bien rendu...
Arrivée sur site, tout content, je
vais direct me sécher contre les killers au sang chaud qui doivent piaffer
d'impatience....
Et bien oui, ils sont bien là,
moins nombreux que je croyais mais l'ambiance est chaleureuse sous une tonnelle
qui ne demande qu'à s'envoler..
Mais oui ! Bien sûr qu'il en
manque, certains sont restés au pieu !!
Ah...tiens...pourtant on n'est
déjà passé à l'heure d'été...
Fidèle parmi les fidèles, arbitre
et déjà photographe il y a quelques années sur une édition pluvieuse de Beaulieu,
c'est encore Garicou qui nous apporte les nouvelles du front de mer.
Verdict : vélo annulé à minima et
si méduses, tri annulé...
Et là, tout doucement, la question
commence à circuler dans les rangs..."Euh...tu fais quoi toi ??...moi je
crois que je vais rentrer et toi ?? bah...je vais faire un run and bike à
Vauxgrenier..."
Pour moi, la question, même pas
elle existe.
Le renoncement, c'est quand tu
peux pas faire autrement, parce qu'après, quand t'es parti et que t'es tout
seul dans ta bagnole, tu passes ton temps à te répéter que tu as bien fait de
partir, que c'était trop de ceci, pas assez de cela.
En gros, t'es un compétiteur qui
finasse et qui essaye de se convaincre du contraire.
Bref, tout le monde décide de se
barrer.
Là, bizarrement, j'ai plus la même
impression que les jours qui précédent.
Je suis perplexe.
Serge me remet mon dossard, le
ciel se dégage, la mer est plate, la température monte.
Mais ils ont où mes apôtres du
triple effort ?
Alors que je m'installe dans le
parc presque désert et que j'entends le speaker nous donner les nouveaux
horaires, je pense aux organisateurs qui ont eu le cran de décider l'annulation
du vélo et le repli sur un aquathlon.
Je pense alors à l'image qu'il va
leur rester de 300 sportifs dont 200 ont snobé leurs efforts de semaines
entières ?
Je me demande si le courage nous
viendrait de continuer à organiser si nous étions à leur place.
Quand soudain m'apparaît un
complice ! Enfin ! Il y en a un ! Comme je les aime ! Pas d'excuse pour lui !
C'est François qui a choppé un dossard et qui vient s'installer tout sourire !
C'est quand même mieux à plusieurs
!!
Aller, c'est parti. On se
rassemble sur la plage. Les bouées sont bien visibles, la mer est plate, super
à nager.
A l'échauffement, j'ai vu une
méduse. Genre pièce de 5 balles. Une égarée. Pas une de plus.
L'ambiance est zen, on ne va pas
se taper dessus.
Tnut
!!! Zy vas ! A l'attaque ! Trois, deux, trois, deux,...l'appui est bon,
le geste comme à la piscine, la respiration cadencée. Quand t'es bien, tu te
demandes jusqu'où tu pourrais aller comme ça.
Une bouée épaule gauche, deuxième
pareil, troisième encore et retour vers la dernière à passer épaule droite.
Tout seul depuis un moment, à
chaque fois que je lève la tête je vois un groupe devant à 10 ou 15 mètres.
Je ne saurais jamais qui ils
étaient....
Ma dulcinée m'attendait patiemment
à la sortie. Pour nos proches ce qui est important c'est qu'on sorte de l'eau.
La place, c'est secondaire.
Alors on va se dépêcher de revenir
!
Le terrain en sable qui fait office
de parc est détrempé.
Les pieds rincés dans l'eau
accumulé sur les chaises en plastique ( merci Garicou !) et l'enchaînement est
réussi.
Cette fois-ci, c'est 10 bornes à
courir. Impression bizarre. Je pensais l'affaire plus simple.
La redoutable bosse de Beaulieu
précède une descente difficile. Tout cela est très technique.
Je m'explose les cannes dans les
courbes serrés qui s'enchaînent.
Déjà le centre Beaulieu quand on
repart vers St Jean.
Un petit coup de cul à passer
et....un gros coup de barre au sommet.Il reste 3 bornes, je coince.
C'est mon petit plaisir perso. Mon
épreuve dans l'épreuve. Il faut faire durer...Enfin la ligne....je suis cuit...
Pas le temps de m'ingurgiter des
tonnes de cochonneries en tout genre
que mon acolyte déboule à son tour !
Blanchi par la crème solaire anti
méduse, l'effort de l'aquathlon a aussi surpris François.
Nous voilà rassasiés pour ce
week-end, gavés à l'effort, de simples sportifs.
Elle est pas belle la vie ??
Yannick
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