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BIENVENUE SUR LES CHAMPS
A
l’affiche ce Dimanche 6 Avril : Bienvenue sur les
Champs !! Une
grosse production qui fait un carton au box-office : 35000
acteurs, et au
moins autant de spectateurs massés le long de la route.
Le
tout sur la plus belle avenue du monde (enfin, soi-disant, parce que
moi j’aime
bien aussi l’avenue Sainte-Marguerite)…
Tout
est démesuré dans cette énorme
organisation. Ca commence avec le retrait des
dossards, où l’on nous façonne
l’air de rien un petit parcours à travers
d’innombrables stands, et où le coureur, tout
heureux de voir enfin arriver le
jour J, aura bien du mal à ne pas céder
à la dépense.
Mais
disons que ça fait partie du jeu.
Le
matin-même, on nous distribue des autocollants
« Je cours sans piétiner
les droits de l’homme ». J’avoue
que je goûte moyennement cette
initiative. Certes je n’ai rien contre le respect des droits
de l’homme et
j’aimerais moi aussi que tout soit pour le mieux dans le
meilleur des mondes.
Pour
autant, je n’aime pas trop quand politique et sport se
mélangent (même si je
conçois qu’on puisse penser le contraire).
Aujourd’hui, on nous demande de
soutenir un sujet pour lequel nous sommes tous d’accord sur
le fond, mais cela
pourrait très bien ne pas être le cas. Je
n’aimerais pas voir une course où chacun
arbore le logo de son parti favori dans le dos.
Mais
revenons à des choses plus légères. Je
n’ai pas hésité, en revanche,
à faire un
hommage à nos amis Belges présents sur la course
en employant la technique du
Manneken-Pis dans une petite bouteille au milieu du sas de
départ. Juste avant
le coup d’envoi, ça soulage.
Et
nous voilà donc partis pour 42 km pour lesquels
j’ambitionne 3h30 ce qui nous
ferait 5 mn / km. Rien d’intenable a priori, les
débuts se font donc l’œil
rivé
sur le chrono, les pulsations et les jambes environnantes pour
éviter la
gamelle.
Tout
va bien jusqu’au 10/15eme mais insidieusement, les pulsations
s’éloignent du
80% pour grimper légèrement. Je ressens aussi de
légers points de côté
peut-être dûs aux morceaux de barre que je
m’envoie allègrement.
Bref,
le passage au semi se fait avec un léger retard en 1h47.
C’est
vrai qu’à raconter la course passe nettement plus
vite que quand on y est.
Heureusement, il y a pas mal de divertissement le long du parcours.
Ainsi
croise-t-on une sorte de Christian Clavier dans « Le
Père Noël est une
ordure » (pour les connaisseurs),
c’est-à-dire un monsieur vêtu
d’une robe
en léopard, perché sur des talons hauts et
portant une perruque. Il faut
plusieurs km pour s’en remettre.
Ensuite
le long défilé suit son cours et on arrive le
long des quais, avec quelques
tunnels, des descentes et des montées. Je
m’applique à ralentir dans les
montées car à l’approche du 30e
je commence à gamberger un peu.
C’est
assez mental, il faut dire. Du coup, je me marre en pensant
à un mec qui serait
complètement parano et qui viendrait courir le marathon.
Vous imaginez
l’angoisse ? Déjà on lui colle
une puce pour pouvoir le traquer et prendre
son temps. Ensuite, on lui donne un dossard où il y a son
prénom dessus. Et enfin,
le gars, à chaque fois qu’il se retourne,
y’a 10000 bonhommes qui le suivent. Un
mec comme ça, il pète les plombs avant la
fin !!!
La
fin, on s’en approche justement et aux alentours du 30e,
je renonce
plus ou moins à mon objectif car j’ai peur de
craquer si les puls montent trop.
Comme disait un bon copain de fac que j’avais :
« Prends le SMIC,
Nono, c’est mieux que rien ! »
(certes lui c’était à propos de
conquêtes féminines, mais l’image est la
même).
Je
veux donc au minimum finir sans marcher. De plus en plus de personnes
le font
autour de moi. En fait, c’est surtout au niveau de la
respiration, j’ai une
sorte de sensation comme quand on va avoir le hoquet et c’est
un peu
oppressant.
Mais
je me souviens d’il y a 2 ans et je me dis que de toute
façon, ça n’ira pas
mieux en marchant. Et finalement, j’ai
l’idée de ne plus respirer que par le
nez et de bien expirer. Je
ne sais pas si c’est ça ou alors les derniers km
qui
défilent, mais ça va beaucoup mieux.
Et
là, peut-être parce que c’est le Bois de
Boulogne et qu’il ne vaut mieux pas
s’attarder, je décide de faire comme Bigard en son
temps, c’est-à-dire de
mettre le paquet.
J’accélère
autant que possible et je finis à 90%, quasiment au sprint,
les 2 derniers km. Cela
me permet de finir en 3h44 et quelque, ce qui était mon
objectif au jour de
l’inscription (avant d’avoir les yeux plus gros que
le ventre).
Ca
rend humble, quand même, la course à pied. 3h44
c’est beaucoup moins bien que
ce que pas mal d’entre vous ont fait en dessert de leur
Ironman, c’est un
rythme qui m’a fait côtoyer une féminine
qui fêtait son 50e
anniversaire, ou quelques papys à la foulée
épouvantable.
D’où
la volonté, sitôt la ligne
d’arrivée franchie, de repartir pour une autre
tentative. Ca sera peut-être ici, ça sera
peut-être Nice-Cannes en 2009…
Beaucoup
d’eau aura coulé sous les ponts d’ici
là.
Sous les
ponts de Paris…
NONO
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