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Le mot de Jean-Jacques  ici

Le mot de BRUNO
Embrun 2007

Pas de description de course cette fois : les intéressés s’en chargeront !

Plutôt 5 portraits à partir d’autant d’anecdotes, en hommage aux cinq NTCistes, vus de l’intérieur.


LA BOULE AU BOIS DORMANT

Dimanche 24 Juin, stand de Ferber. La Boule est le premier à baisser son short au vu des passants. Dans la foulée, c’est tous les mecs du club qui vont faire admirer leur postérieur à la Promenade des Anglais.

Pilier du vestiaire, à la bonne humeur garantie, La Boule est apprécié de tous. L’ovation qu’il a reçue à la dernière AG pour sa 2ème place au challenge en témoigne. La saison dernière, il avait déjà bouclé brillamment un Ironman et frôlé la victoire au triathlon de Levens.

Cette année, c’est le raid Edhec qui était à son programme.

Son calendrier est à l’image de son rythme de vie : dingue, tout simplement. Il enchaîne tout, il travaille de nuit, sans donner l’impression d’être fatigué.

Du coup, il succombe parfois à son péché mignon : il s’offre une petite sieste en course. Incroyable au vu de son classement final : top 100, en dormant !!

Il a un «moteur» impressionnant, plus gros que celui de sa 4L ! Et le plus fort, c’est qu’il fait tout ça en sautant la séance d’abdos. Son secret doit être ailleurs…

Et dire qu’il a déjà repris le cours de sa folle vie… En ce moment, il est peut-être en train d’enfourner ou de napper un gâteau. Avec, à la rigueur, une bouteille de champagne posée sur la table à côté et qu’il sirote pour fêter son exploit.

On t’en voudra pas si tu t’endors entre 2 fournées, La Boule, tu as bien mérité ce petit repos ! Et ce n’est pas grave non plus si tu renverses la bouteille de champagne sur un gâteau au passage.

Allez, tu pourrais même le faire exprès, et on l’appellerait «Embrunman» ce gâteau…

 
JEAN-JACOUILLE LA FRIPOUILLE

« C’est n’importe quoi, je me casse ». Quelqu’un vient de revenir sur le stade au lieu de tourner à droite comme on avait dit. Les autres ont suivi.

Il est comme ça, Jean-Jacques ; capable de bouder pendant tout l’entraînement pour une connerie, mais aussi de choisir un poulain et de le dorloter pendant toute une année.

Il est à la traîne le mardi et le jeudi mais il dynamite les sorties vélo du dimanche matin. C’est un impulsif.

Et à Embrun, il nous refait le même coup. Râleur, il peste en natation, ne se sent pas bien. Il aime bien se faire plaindre aussi. Et au fond, on marche bien dans la combine. On donne le change, on sait qu’il construit la suite de sa course là-dessus. Ca ne loupe pas : moins bien dans l’Izoard, il se réveille comme par magie dans la seconde moitié et enchaîne avec un marathon impeccable. L’œil vif et malin. Une canaille, une fripouille. Jean-Jacouille la fripouille, digne héritier de la lignée des Jacquard, qui sait faire preuve de roublardise à l’égard de ses adversaires pour mieux les tromper.

Maintenant tout le monde le sait : il finit toujours ses courses de mieux en mieux quand la plupart s’effondrent. Mais on fera semblant d’y croire encore, rien que pour le plaisir de le voir franchir pétillant la ligne d’arrivée.

L’ENIGME GARRITCH

Dimanche 13 Mai, sur la route qui nous mène au triathlon de Toulon. Christophe m’explique ses plans d’entraînement, ses semaines de charge hallucinantes. Quelques heures plus tard, il réalisera une excellente performance dans des conditions climatiques défavorables.

Pourtant, jusqu’ici, il n’a jamais vraiment aussi bien réussi en Ironman qu’en CD. Cette édition d’Embrun ne fera pas exception à la règle malgré un chrono très honorable. Il n’a pas perdu sa bonne humeur, tapant dans les mains tendues des supporters.

Comment expliquer ce relatif faiblissement au fur et à mesure que la distance s’allonge ? Peut-être que, tout simplement, le petit Croate est plus un puncheur qu’un coureur longue distance, ou alors ... ?

Chercher l’explication revient à trouver une aiguille dans une botte de foin tellement il y a de paramètres : l’alimentation, la préparation, …

Bien des triathlètes se satisferaient de ce résultat mais pour Christophe, il faudrait trouver la clé tellement son potentiel semble au-dessus : nageur correct sans être un Ian Thorpe ou un Jérôme Mérigeau, il est surtout bon grimpeur et très bon coureur à pied. Alors à quand les 12 heures ??

TOCTOCMAN A L’EPREUVE DE LA VOLONTE

Un Mercredi d’hiver comme les autres, au stade Charles Erhmann. Il est presque 20h et il fait nuit depuis longtemps. Quelqu’un fait remarquer : «Tiens, y’a Eric en face qui fait des 100m ».

Voilà qui montre l’une des facettes du personnage : préférant souvent son propre programme aux entraînements collectifs, il reste assez discret, voire secret.

Il préfère l’arrière-pays au littoral bondé, comme il préfère le sel à l’eau chlorée. Il tire une certaine force de tous ces entraînements en solitaire, même s’il lance des invitations à qui veut le rejoindre.

Cette année, on le sait, des événements pas toujours heureux sont venus secouer sa sphère privée, personnelle, ce qu’il a de plus intime. Alors c’est l’inconnue du jour : va-t-il en sortir amoindri, ou bien encore plus fort ?

Lui sait très bien que pour ce genre d’épreuve, il y a le muscle, préparé, façonné ; mais aussi et surtout le mental qui doit prendre le relais.

Quand les premiers ont lâché, épuisés par les heures d’effort, c’est le second qui lui a permis de figurer parmi les finishers.

Bravo, Toctocman, tu es à nouveau Embrunman. Tu as encore montré que ta force n’est pas seulement dans le cuissard mais aussi et surtout sous le casque.

POUR UNE POIGNEE DE MINUTES 

L’attente est interminable, nous rappelant l’épisode d’Alexis à Toulon. Pourvu qu’il n’ait pas chuté ! L’heure limite se rapproche, on en a vu passer 4, mais toujours pas Serge.

Chacun raconte à quel moment il l’a vu, calcule en fonction. On bouge sur le parcours. Puis on finit par apprendre qu’il est arrivé hors-délai, pour 5 minutes !

Pourtant auteur d’un bon parcours natation, mais le verdict est impitoyable : passé 17h15, on ne peut plus prendre le départ du marathon.

Si peu de minutes en trop, pour tellement d’heures de préparation ! C’est cruel.

Bien sûr, les précédents sont nombreux dans l’histoire du sport : Fignon qui perd le Tour 89 pour 8 secondes, la France qui perd le Mondial aux pénaltys (Forza Italia !), des centaines de parties de tennis qui se perdent après avoir eu balle de match…

Mais tout ça ne consolera sans doute pas l’intéressé. La faute à quoi, il nous le dira ; le parcours, le vent, des incidents, quelque chose dans la préparation ?…


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Le mot de Jean-Jacques

02h55, le réveil sonne, je me lève pour préparer le café. La Boule qui n’avait pas préparé ses affaires le fait avec une rapidité déconcertante. Les gâteaux sport ne passant pas nous décidons de partir au parc a vélo de suite. Nous arrivons dans les premiers vers 04h10 et commençons à nous préparer. Le doute et le stress monte en moi et je pense, à voir leurs visages, qu’il en est de même pour mes quatre copains.

Nous passons le temps comme nous le pouvons, chacun a notre manière. Eric et La Boule sont assoupis, Serge fignole la position de ses affaires et moi je parle !

05h30, c’est l’heure d’enfiler la combinaison et de s’approcher de l’aire de départ pour voir les filles qui partent juste avant nous.

06h00, la corne de brume retentit et nous partons dans la nuit.Impressionnant ma foi.

Je suis les conseils d’Eric pour me repérer et entame mon premier tour sans trop d’encombre. Au second tour la fatigue me gagne et je dois me concentrer pour essayer de nager correctement. Dans la dernière ligne droite les crampes au mollet   arrivent et ma technique habituelle pour les faire partir ne fonctionnant pas, je suis oblige d’appeler un kayak pour m’accrocher a lui et m’étirer correctement. Chose bien sur autorisée par le règlement.

Je pose le pied sur la plage en 01h31 et quitte le parc a vélo au bout de 01h45. Je sens de suite que je ne suis pas dans le coup, mais ne m’inquiète pas trop car c’est habituel pour moi après 3,8 Kms de natation. De plus les copains du club sont la et j’entend mon nom bien avant de les voir. Une chaleur envahi mon corps et quelques larmes montent dans mes yeux. Mais bon, il faut y aller, et je garde un rythme sage.

Dans la montée de Brunissard et de l’Izoard les sensations ne sont toujours pas la et le doute commence a m’envahir. L’idée d’abandonner commence à germer dans mon esprit. Je rattrape Serge, arrêté pour soulager un besoin naturel qui me dit que tout va bien. Un peu avant Brunissard je rejoins Eric également qui ne semble pas en grande forme. Nous nous retrouvons au col de l’Izoard ou nous recuperons notre ravitaillement personnel. Soulagé d’être passé dans les délais Eric reprend du ‘’ poil de la bête’’ et envoie un texto avant de repartir.

Pratiquement sur de ne pas partir a pied, je décide alors de me lâcher en vélo et entame ma descente bientôt rattrapé par la fusée Eric.

Et la je ne sais pas pourquoi les jambes sont revenues et j’ai fait une très bonne fin de vélo. Dans le Champcella les paroles de Christophe, puis celles de Yannick m’ont vraiment réconfortées et je me suis surpris vers le 160eme kilomètre a préparer ma course a pied dans ma tête.

Je pars a pied   prudemment et je sens que je ne souffre pas, mais bon c’est le premier Km !

Comme a Roth je me suis fais un petit programme pour boire et manger que je suis scrupuleusement. Je garde un rythme sage, même quand je me sens bien évitant les erreurs de l’an passé. Au 7eme Km je rejoins Christophe qui me félicite et m’encourage. Nous faisons environ 3 Km ensemble avant de reprendre chacun notre rythme. La fin du premier tour approche et je suis toujours étonnement bien, ne marchant jamais et retrouve tous les copains qui nous encouragent. J’ai des nouvelles rassurantes d’Eric, moins de la boule qui semble avoir quelques soucis au second tour et apprend que Serge a été mis hors délai. Je croise La Boule qui me confie avoir eu quelques soucis mais il est proche de l’arrivée. Le second tour se passe bien et je rentre au bercail sous les acclamations de tous. Notamment de Sauveur qui s’est casse la voix !

La Boule est la pour m’accueillir sur la ligne d’arrivée que je franchis en 15h16mn ainsi que vous tous pour nous féliciter.

Beaucoup d’entre vous sont venus pour nous voir et votre présence nous a galvanisé et nous a aidé à nous surpasser.

Merci a Anthony, Patricia, Patrice, Fabrice, Julie, Sauveur, Véronique, Eric, Magali, Christophe, Yannick, Jean-Marc,Tonton, Bruno, Eddy, Pierre, Fred ,Florence, et bien sur Jérôme et Noëlle.


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