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LES NOUVEAUX HEROS

 

(Si vous voulez un peu de musique à écouter tout en lisant ce reportage, je vous conseille le morceau de la Grande Sophie également intitulé Les Nouveaux Héros http://www.deezer.com/#music/album/102399 ) 

Si le monde actuel manque cruellement de héros, vraiment, le NTC n’y est pour rien. Chaque année notre club au requin jaune et bleu fournit une dizaine « d’hommes de fer », chose déjà remarquable en soi ; quand ce n’est pas carrément d’exploits dont il s’agit : rappelons-nous de Tonton l’an dernier, Monsieur François Gavet, qui passe la moitié de la saison le bras en écharpe et qui boucle l’Ironman le sourire aux lèvres au mois de Juin.

Ou alors à l’automne, son homonyme Vergnolle qui s’improvise le marathon Nice-Cannes la veille de la course et qui finit par aller au bout.

Cette fois-ci, même si évidemment tous nos coureurs font preuve du même courage à l’attaque de ce mythe, c’est plutôt vers les plus jeunes qu’il faudra se tourner, puisque l’édition 2009 marque les débuts de Julien et d’Alexis sur la distance.

Je décide d’aller assister au départ pour tenter de percevoir toute la magie qui entoure cette épreuve. Et là, je dois dire que je ne suis pas déçu.

Les coureurs affluent par centaines dans le petit matin vers la plage, qui déjà concentré, qui cherchant du regard ses proches pour puiser la dernière dose de courage qui fera peut-être la différence, ce soir, dans 10 ou 15 heures.

Tout est énorme et démesuré : la sono, les bouées qui sont comme deux énormes cubes posés sur l’eau, le public…

L’émotion est réelle et des frissons me parcourent le corps alors que le speaker égrène les minutes qui séparent la meute de l’entrée dans l’eau.

C’est comme ça, il y a des choses dans la vie qui vous donnent envie de pleurer, c’est comme les oignons dans la cuisine ou les chansons de Richard Cocciante.

Mais pourquoi ??? En cette période de bac de philo, nous nous devons de trouver la réponse (sauf pour les oignons ou les chansons de Cocciante, car nous pouvons choisir le sujet). Eh bien, on en discutait avec Jean-Marc, et aussi avec Eddy le lendemain, mais il y a en réalité 2 courses.

Celle des pros qui nous fascine pour la performance pure, mais qui j’en suis persuadé, ne tirera jamais la moindre larme de l’œil du spectateur.

Alors que ces amateurs venus du monde entier, eux qui ont sacrifié tout ou presque durant ces derniers mois, eux qui vont passer la ligne d’arrivée avec leur enfant dans les bras, qui vont finir coûte que coûte même en marchant et en boitant dans l’obscurité ; ces gens-là transmettent une émotion qui pourrait faire déborder même le plus costaud des tatoués (pas vrai Ludo ?).

Une fois le départ donné, la tension retombe quelque peu, laissant place au spectaculaire de la scène. Des milliers de bras tournoient et les têtes s’éloignent petit à petit, contournent les bouées puis reviennent vers nous.

Au bout de 13 mn un athlète abandonne. Quelques applaudissements pudiques accompagnent la sortie de ce compétiteur malchanceux. 

Les plus rapides quittent l’eau en moins d’une heure, les derniers beaucoup plus, mais tous ont au menu le même programme pour la suite : la mythique étape de 180 km à vélo.

Nous nous retrouvons directement sur le marathon, ce sera aux protagonistes de nous raconter eux-mêmes leur course vécue de l’intérieur !

Et comme chaque année, le ravitaillement marathon va s’avérer être un moment d’échanges très forts sur le plan humain, lorsqu’un mot, un regard, un gobelet tendu permettent de relancer un concurrent à la dérive. Ici pas de triche, que des valeurs fortes et franches, universelles, qui vont au-delà du langage.

Vous ne me croirez peut-être pas, mais je préfère l’image des derniers finishers passant dans l’obscurité et qui prennent une dernière poignée pour la route, à celle des premiers qui jouent la gagne.

Je pense qu’un Jean-François Poullot ne doit pas être loin de penser comme moi… ? 

Mais assez de philo et retour à la course !!! Voilà Rami qui nous arrose au champagne, éclaboussant le stand de tout son panache, lui qui a joué au yoyo avec la balance depuis quelques saisons, qui a connu des pépins mais qui reste un compétiteur… du Rami quoi.

Et Steven, et Juju, et Dom… tous récoltent les fruits de leurs entraînements et ça nous fait bien plaisir.

Là encore, je ne voudrais n’oublier ni ne vexer personne, donc je voudrais juste féliciter spécialement Julien et Alexis parce que c’était leur premier et que je me sens un tout petit peu plus proche d’eux, et puis aussi Tonton… 

Tonton qui est monté sur le podium et qui a mis le feu au Palais des Expos pour la remise des prix, lui qui a enlevé 20 minutes à son temps déjà canon de la dernière édition, lui qui n’en finit plus de nous étonner, qui l’année dernière préférait faire un bisou à la Norvégienne plutôt que de nous raconter sa course (tu l’as encore la photo, tonton ???), lui qui par amour du sport s’inflige des séances de torture à la piscine, lui qui avale des kilomètres de bitume sans jamais perdre son sourire…

Bravo à tous.

Alors que le reste du monde reprendra le cours de son existence, Lundi marquera le premier jour de votre deuxième vie. Celle de héros.





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