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DANS LE MP3 DE NONO
Aujourd’hui
jour de marathon, j’ai décidé de vous faire un reportage imaginaire.
Une
fiction, quoi de plus normal puisque le finish se situait face au Palais des
Festivals de Cannes.
Cette
fiction consiste à explorer les chansons qu’il y aurait eu dans le MP3 de Nono
tout au long de la course (fiction d’autant plus fictive que Nono a horreur de
courir avec un MP3).
« Tiens,
Nono parle de lui à la troisième personne maintenant ?? » remarque
Ludo qui est en train de prendre un petit casse-croûte (un sanglier qu’il a
partagé avec Fabrice Mortessagne).
Mais
non, Ludo, ne t’inquiète pas, c’était juste un petit clin d’œil à Alain Delon
puisqu’on parlait de cinéma.
Dans le SAS de départ : Le Rital
On en a déjà parlé pas mal de fois, mais émotionnellement,
il faut reconnaître que le départ, c’est un moment fort. On a des sortes de
bouffées de sanglots qui montent sans comprendre pourquoi, est-ce toute la
tension nerveuse des semaines de préparation qui remonte, toujours est-il que
j’ai des frissons comme à l’écoute de cette chanson de Barzotti.
Certains
ont sûrement autre chose dans leurs écouteurs, ce serait sans doute le cas de
Steven : « Il va y avoir du spoooort, mais moi j’reste
tranquille »… Comme je les envie ceux-là, ils sont cool, ils ne se
prennent pas la tête par rapport à l’événement, tout le contraire de moi mais
aussi de François Vergnolle, qui lui faute de cinéma serait plutôt branché
théâtre et nous rejoue le Malade Imaginaire pendant toute la dernière semaine.
Km 1 : Et c’est parti
Et
c’est parti pour le show, et c’est parti le stade est chaud. On trouve assez
vite son rythme comme on part sur les 2 chaussées. Il s’agit surtout de ne pas
dépenser d’énergie inutilement et de mettre la machine en route.
Sur
ce tracé familier on est vite rendu à l’aéroport, puis à St-Laurent où une
belle fiesta nous attend sur le pont. Pendant que certains passent le relais
sur le bord de la route, nous qui avons signé pour la totale ne souffrons pas
encore (heureusement !) et voilà qu’apparaît le clocher de l’église du
Cros de Cagnes.
Km 10 à 12 : La ballade des gens heureux
Un
beau tronçon que celui-là, plat comme la main, avec un nombreux public, une
promenade agrémentée de palmiers, un corps qui a trouvé son allure de croisière
et les muscles chauds juste comme il faut… bref c’est le top ! Longeant
l’hippodrome, je distingue Sébastien Chariault sur son vélo qui est venu faire
le supporter et le photographe. Il faut juste faire attention à ne pas céder à
l’euphorie ni accélérer.
Puis
nous testons la nouveauté du parcours 2009, un petit crochet par un lotissement
sympathique, les habitants ont répondu présent. Mais la plus belle animation
sera au pied de la Marina, un camion sono était installé avec un DJ histoire de
tromper la monotonie d’un aller-retour… il y avait le feu !!! On en sort
rechargé à bloc avant d’attaquer la longue ligne droite de 4 km.
Km 18 : Mon fils ma bataille
Quelle
belle surprise, en face de la Siesta, il y a encore Seb qui a contourné les
obstacles pour se faufiler avec son vélo, mais aussi Sandra et mon petit
Flavio !! Comme t’y es boooo mon fiiiiils !!!
A
ce stade de la course, les encouragements font déjà du bien, 1h30 s’est écoulée
et on n’a plus tout à fait la même aisance.
Il
faut se préparer à la bataille, parce que le Cap d’Antibes, on le voit de plus
en plus gros. Et si on le voit plus gros, c’est qu’on est bientôt dessus…
Km 25 à 30 : Caravane
L’entrée
dans Antibes et le passage au semi se font pour moi en 1h46, c’est que je me
suis octroyé une pause pipi dans la ligne droite.
Après,
les choses sérieuses commencent, on attaque les remparts, on longe la Salis et
on s’engouffre direction la montée de la Garoupe. Je croise Alain Lachkal qui a
de l’avance sur son planning, puis je suis doublé par Chouchou qui était en
train de s’envoyer un gel.
J’ai
pris l’option de lever sérieusement le pied pendant le Cap, j’ai le souvenir
l’an dernier d’avoir vu trop de visages défaits à la sortie, je préfère rester
très prudent et raccourcir la foulée pendant les montées, j’ai l’impression de
traîner une caravane.
Km 30 à 35 : Comme d’habitude
En
plus, on arrive quand même dans des zones où se font sentir les premiers
ravages du temps sur les corps (rassurez-vous, rien de commun avec ce qui
arrive à Jeanne Moreau). Et là, « comme d’habitude » je serais tenté
de dire, je ne peux contrer ce phénomène, j’accuse un débours de presque 2mn
tous les 5km, par rapport à l’allure des 3h30. Adieu chrono, adieu les rêves de
négative split malgré un public enthousiaste massé le long des immeubles à
Juan-les-Pins.
Pourtant,
je remarque que je reprends des places dès qu’on est sur le plat. En fait,
beaucoup sont en train de faiblir, il faut juste essayer maintenant de ne pas
faire partie du lot.
Km 35 à 40 : Stayin alive
Au
bout d’un moment, je décide de me battre car sinon, je vais me faire dévorer
tout cru par le ballon des 3h45 qui va revenir de l’arrière. Oh, rien de
transcendant, mais on va essayer de faire avec les moyens du bord, redresser
légèrement cette allure qui fléchit, pour garder une marge et se donner un
nouvel enjeu. Je calcule les temps de passage nécessaires à chaque prochain km
pour pouvoir jouer moins de 3h40. Ca se fait dans la douleur, parce que c’est
encore pas mal bosselé, mais ça se fait. On reste en vie… staying alive. Km 40 à 42 : Comme un ouragan
Et
voilà le moment tant attendu, où on peut enfin lâcher les chevaux. Même si les
descentes font très mal aux cuisses, ça sent l’écurie. Le public est venu
nombreux et il se fait entendre… la Croisette se transforme en Alpe d’Huez
lorsque les spectateurs se sont massés sur la chaussée et on ne peut passer
qu’à deux coureurs de front. Il y a encore des râleurs pour se plaindre, moi
j’ai adoré, même si on y laisse trois secondes, la sensation était géniale.
En
plus, je bénéficie d’un lièvre de choix, car je retrouve Seb, qui était en vélo
pour ce finish. Il était quelques mètres devant moi et j’essayais absolument
d’accrocher sa roue, ce qui me permettait de garder le rythme.
Grâce
à cette aide providentielle, je boucle en 3h38.
C’est
pratiquement le temps qu’il me faudra aussi pour sortir de la zone des
consignes et ravitaillement (seul hic de l’organisation), une vraie pagaille,
mais bon on savoure, la course est finie.
Puisqu’on
avait commencé sur le thème du cinéma, finissons avec des remerciements type
remise de la Palme d’Or :
Je
voudrais remercier Sandra pour sa patience dans ces semaines de préparation,
François Vergnolle mon complice des séances du dimanche matin, Gaël qui a
assuré le ravitaillement, Seb pour les encouragements et les photos, et … et
c’est tout parce qu’ils font toujours trop long et que ça gonfle tout le
monde !!
Alors
à bientôt pour d’autres aventures. Et bravo à Fabrice pour son super chrono.
Nono
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