Nice Triathlon Club

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07 JUIL - IRONMAN de Roth 2019 – DATEV CHALLENGE

C'est un peu long, mais voici le récit d'une nouvelle aventure Iron Man.

Le récit d’une journée pas comme les autres qui doit être la cerise sur le gâteau de mon année sportive. Je fais le choix de ne vous parler que du D-Day parce que sinon j’en aurai trop à dire tellement la semaine a été merveilleuse.

 Réveil à 3h45 avec Séb, nous avons dormi les fenêtres entre-ouvertes car il fait très chaud en ce moment du côté de Schwarzenbruck, lieu où nous avons décidé de séjourner, mais la pluie annoncée est bel et bien là…ça promet d’être pénible… Petit déj avec les copains, la concentration se lit sur les visages même si nous plaisantons. La pluie nous fait revoir une partie de notre stratégie.

 5h, départ pour le 1er parc à vélos, la T1, MAP nous dépose avec nos sacs à quelques centaines de mètres du départ. Il y a du monde partout mais tout est fluide, pas d’attente, et le fait que les départs soient étalés rend les choses encore plus faciles, malgré cette petite pluie qui fait bien caguer quand même. Avec le Steph, on regonfle nos vélos, Séb, Sabine et le mien car nous partons 1h avant nos copains.

La course :

              Acte I :

6h45 les pros partent, je suis dans l’air d’attente et guète mon p’tit frérot qui part dans 10’…je le vois, une accolade, un sourire, un mot d’encouragement et il part. Je patiente avec Nico, le frère de Pyv qui part 5’ avant moi, on peut être de clubs différents mais bien s’entendre pour autant quand les personnes sont intelligentes.

 7h20, c’est mon tour, depuis 15’ je me persuade que tout va bien se passer « pas de mal au ventre aujourd’hui, pas aujourd’hui, pas aujourd’hui » « reste concentré ». Dans le sas de départ, un gros pipi dans la combi pour une nat sereine, mais la combi n’est plus très étanche et laisse passer, ça craint… « M’en fou, ça fait trop du bien » « concentré Ludo, tous ces sacrifices fait depuis + de 6 mois doivent servir aujourd’hui » « pour Ghis, Eme et Rob, Damien et JJ, tu ne lâcheras rien ». L’eau est super bonne et mon choix de combi sans manche est parfait. Je vois le Steph, Map et Chiarra qui m’encouragent, me prennent en photo, une grande respiration et le coup de canon retentit…

Et c’est parti pour ce que j’appelle la partie la plus dangereuse d’un IM. Dès le début, un abruti par de travers et me fout un coup dans les lunettes, obligé de les remettre en place. Je décide de nager à l’intérieur, je longe les bouées, ils sont tous à droite et font n’importe quoi. Choix judicieux, « allez Ludo, allonge, tire et pousse, allonge, tire et pousse » sur les 3800m de nat, je ne fais que doubler, juste une fusée qui me double à 400m de l’arrivée, ce doit être un relais, et un chinois ( ?) qui tente de me passer dessus au dernier demi-tour, il est fou ce mec, « dégage le nain », je suis super bien, le soleil fait son apparition. Je sors de l’eau mais j’ai le pied droit (l’orteil à côté du petit doigt) qui rappe contre le béton, aie aie aie, ça fait mal…un coup d’œil furtif, pas de sang, allez hop, le sac de transition.

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Dans la tente T1, c’est noir de monde. Une demoiselle me prend le sac et m’aide, sort mes affaires « ça je prends, ça aussi, ça non, ça oui », j’enfile mes chaussettes et prends 2 spasfon « tiens… j’ai pas mal au bide, cool » « pied ok, pas de sang » je salue et remercie la petite, puis je pars avec les chaussures vélo à la main. Lunettes, casques et chaussures « aie mon doigt de pied, on verra plus tard » 5’49’’ j’enfourche « Jolly Jumper »

              Acte II :

Il est motivé et « gonflé à bloc » le bestiau. C’est parti pour la plus longue partie de la journée. Routes humides, mecs qui attaquent à blocs et spectateurs, un truc de fou ce monde sur les bords de route, inimaginable. « Méfie, ça pourrait glisser, reste concentré et appui sur les pédales » oui, mais j’ai mal au pied « pas grave, appuie ça passera » alors j’appuie et la vitesse est bluffante, le compteur frôle les 45km/h. C’est très roulant mais c’est pas plat du tout, ce parcours me fait beaucoup penser à Vichy, alors je reste prudent parce que je me rappelle avoir souffert dans le 2ème tour.

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Quelques bosses que je passe sur la plaque car elles sont courtes mais mes genoux (tendinites ?) se réveillent et me font comprendre qu’il va falloir compter sur eux ; arrive la fameuse montée du « solar Berg », rien d’exceptionnelle cette montée en elle-même, mais la foule présente de l’entrée du village, Hillpolstein, jusqu’en haut de la côte est tout simplement fantastique, impossible de doubler tellement il y a du monde, je profite de l’instant et des larmes coulent sur mes joues « j’y suis » « incroyable » « j’y suis, c’est fantastique, savoure Ludo, savoure » j’ai du mal à me contenir « reste concentré, c’est pas finit ». 1er 90 km bouclé en 2h40 sur ma montre. Super, je suis dans les temps pour mon pari. Par moment, quelques gouttes de pluie font leur apparition, mais surtout le vent s’est levé « putain de vent de merde » « reste concentré Ludo », je double mon copain Eddy qui venait de faire une pause « pipi », des fusées me dépassent avec leurs vélos profilés, c’est beau ce bruit …Depuis le début, je pense à bien manger, un petit jambon beurre tous les 50km, une demi barre iso toutes les heures, un gel espacé entre « casse-croute » et barres, bien boire aussi régulièrement. Je m’arrête à un ravito remettre mes produits dans mes gourdes, encore des gentils et jeunes bénévoles qui m’aident, « merci les gars ». 2ème montée de Solar Berg, moins de monde, mais toujours autant d’ambiance, c’est fou ça; ça sent le retour à la T2, par contre, c’est mort pour mon pari, je suis déjà à 5h30 et il me reste une petite dizaine de km…tant pis « reste concentré Ludo, prépare le marathon » J’arrive à T2 et j’entends la petite Chiarra s’époumoner à mon passage, merci Ninette pour tes encouragements. 5h38 pour à peine moins de 180km…pas mal quand même, je prends.

 Arrivé à T2, on te prend ton vélo, te donne ton sac et t’amène dans la tente pour te changer…le problème quand je pose pied à terre, c’est que j’ai mal aux jambes, incapable de courir, pas évident avec les chaussures vélo mais là ça sent pas bon. Encore une gentille et adorable bénévole « ça je prends, ça aussi, ça non », les baskets aux pieds, je file me vider la vessie…comme le dit un collègue « y a des bons moments dans la vie » et celui-ci en fut un.

              Acte III :

 C’est parti pour la mise à mort, j’essaie de courir, les jambes sont lourdes, très très lourdes, les genoux couinent et là je me dit « ça va être long, long et bien galère, va falloir gérer » les 1er ravitos sont déjà là et je m’arrête, j’en peux plus, j’ai mal…tant pis, « trottine, tous ces efforts, ces enchainements les mardi et dimanche matin, Ghis, les enfants, Damien et JJ, tu leur dois d’aller au bout » alors j’avance, je souffre mais j’avance, ma montre me dit « plus qu’une heure d’autonomie, pensez à recharger » ah oui, recharger… elle est marrante…je décide de « toper » tous les 10km pour voir où j’en suis, contente ou pas, ce sera ma stratégie. Bizarrement le 1er 10km passe en 55’… c’est bon ça. Le long du canal pour le semi est d’une longueur terrible (imaginez le canal de Gairaut sur 10km de long), à un ravito j’aperçois mon Séb, il ne me voit pas pourtant nos regards se croisent, je décide de prendre un gel tous les 10km à partir du 5ème. Le 2ème 10km passe juste sous l’heure, pourtant j’ai l’impression d’être à la ramasse grave, recourir après les ravitos est de plus en plus dur…sur le retour je croise le Steph, il avance, il avance même très bien, mais plusieurs km nous séparent ; presque à la sortie du canal je croise le François qui semble frais comme un gardon et me lance « tu me gardes une bière au frais à l’arrivée » j’ai à peine la force d’esquisser un sourire… ça y est je sors du canal, 25ème km, la zone industrielle et nos supportrices sont là, je prends mon gel, marche, marche, marche plus loin que le ravito, je jette un coup d’œil à la montre et je ne vois plus mes puls « Sanka, t’es mort ? » « ce doit être le mode économie », j’attaque la petite boucle aller-retour dans la forêt, toujours autant de monde et des « allez Nice » résonnent, ça fait chaud au cœur. Je ne croise pas de NTCiens, ni Eddy qui n’est pourtant pas loin devant, 3ème 10km en 58’…j’arrive dans Roth, un regain de forme me redonne espoir, Véro (la compagne d’Eddy) me crie « Eddy n’est pas loin, il est juste là…j’essaie d’accélérer mais il reste encore 12km, c’est long et en plus ça monte pour aller au village voisin de Buchenbach, je croise Séb, il en peut plus le pauvre, il a super mal au dos, je n’aime pas le voir comme ça, on se tape dans les mains, s’encourage « c’est encore loin le demi-tour » « euh…non ». J’en peux plus de ces mounta cala, virou virou, ça me gonfle. Je croise Eddy, on s’encourage, « il doit pas être très loin », en effet, j’amorce le dernier demi-tour, « ça y est, ça sent bon Ludo » encore 8km, « va z y fait l’effort », retour dans Roth, quelle ambiance, mais quelle ambiance mes amis, il faut vraiment le vivre pour le croire, c’est inimaginable, j’arrive à recourir, du moins je m’arrache pour essayer de courir, plus que 4km « ça sent bon Ludo », je rattrape et double mon copain Eddy « allez Eddy accroche, accroche toi, allez viens » les filles sont là, elles hurlent mon prénom, je lève le poing de joie, c’est la fin et mes jambes ont finalement tenu. Le dernier virage dans la ville, la foule est présente en masse, je lève les bras, les remercie, puis vient le moment magique par excellence…l’entrée dans le stade, 100 derniers mètres où tu es un héros, un Ironman, un FINSHER, je lève les bras au ciel, envoie des bises à mon cousin Damien et mon copain JJ, je leur avais promis, je fais l’avion (me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien moi-même ), je relève les bras, serre les poings, je sais que j’ai réalisé un super truc, je commence à pleurer et je franchi cette mythique ligne d’arrivée, la plus belle (après celle de Nice 2010 avec mes enfants) de ma carrière.

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Une bénévole me met la médaille autour du coup, je me tourne et vois mon chrono et là je m’effondre, je viens de réaliser Ma perf, 11h09, je pleure de joie et retrouve mon frère qui m’attendait, on s’écroule dans les bras l’un de l’autre, il me félicite, je pleure de joie, je viens de réaliser une super performance, je pulvérise mon meilleur temps sur cette distance qui datait de 2008, 11ans de plus et je fais encore mieux. Mon pauvre petit frère ne peut quasiment plus marcher, je l’aide à repartir car les vigiles nous font dégager. Je suis sur mon nuage et j’ai du mal à me contenir. Nous trinquons ensemble, puis notre copain Eddy arrive, lui qui avait arrêté le triathlon il y a 15 ans, finit 5min derrière moi. On s’assoit sur un banc, et des bassines d’eau salée sont à notre disposition, nous en profitons. « Tiens, on va voir ce que ça donne le doigt de pied » verdict, doigt de pied en sang, 1/3 de l’ongle qui pendouille, je me retourne vers les gars, « ben voilà pourquoi j’avais mal ».

EPILOGUE :

Voilà, la fin d’une aventure tout simplement magnifique, commencée il y a 1 an quand nous nous sommes tapés dans les mains lors de la fête de l’IM de Nice. Un an d’entrainements sérieux, 6 de mois de prépa spécifique avec perte de poids, augmentation régulière des doses de sport…mais aussi le travail, le bénévolat sur l’IM de Nice, l’organisation de nos courses (aquathlon de Nice et Virada de Falicoun), et aussi ma petite famille, ma maison dont il a fallu s’occuper un minimum.

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Je remercie ma femme, ma Ghis adorée qui m’a donné le feu vert et accepté mes absences, mes coaches, pour leurs différents plans d’entrainement que j’ai essayé de mettre à profit, mes copains de prépa, mon frérot sans qui il n’y aurait rien eu de cela, notre petit groupe Rothiens pour cette magnifique semaine et mon partenaire la SARL MYPHIS pour avoir cru en moi cette année encore.

 5ème IRONMAN, meilleure perf …la cerise est bel et bien sur le gâteau.

Ludovic (ou Loco-Loudo)